09 octobre 2009
Photos de nuit
Les cerfs sont de plus en plus difficiles à voir, ils semblent avoir repris leur vie nocturne.
Les rares observations de ces derniers jours ont été faites à la nuit tombée.
Malgré la pluie, le brouillard et la nuit, j'ai quand même essayé de faire quelques photos.
La mise au point est faite manuellement et un peu au hasard car je ne voyais rien dans le viseur.
Mise au point ratée sur cette première photo prise de très loin, tout est flou, mais ça donne une ambiance particulière.. (à 3200 iso, f9 pour augmenter les chances de l'avoir net et pose de 5 secondes...)
Après une rapide approche, je tente d'autres photos.
Les poses sont tellement longues qu'il ne faut pas qu'il bouge du tout.
J'attire alors son attention en froissant des herbes, il ne peut pas me sentir (le vent m'est favorable) ni me voir dans l'obscurité. Intrigué par ce bruit, il s'immobilise.
Je garde deux photos de cette rencontre, avec des poses respectivement de 8 et 10 secondes!
05 octobre 2009
Bramitude
Le brâme se poursuit, mais les jours (et les affûts) ne se ressemblent pas.
Rares sont les rencontres "exploitables" photographiquement et l'activité des cerfs est très aléatoire.
Espérons que le froid et peut-être le mauvais temps vont raviver leurs ardeurs.
Début octobre et les forêts sont encore bien vertes...
Un animal sort dans la clairière, il est accompagné d'une biche et d'un faon de l'année.
Vu son gabarit, je pense tout d'abord à un jeune cerf ou un daguet de 2 ans, mais il n'a pas de bois.
En zoomant, je m'aperçois qu'il a en fait deux bourgeons encore en velours...
Sous un pommier, un cerf brâme timidement, allongé dans l'herbe gelée..
Lever de soleil sur les crêtes et premières teintes d'automne
Et pour finir, la sortie très tardive des biches.
23 septembre 2009
Toujours et encore le brâme...
Nouvelle rencontre avec les cerfs, cette fois-ci, il a bien voulu sortir un peu plus tôt...
16 septembre 2009
Le brâme (Act III)
Une autre journée, une autre ambiance..
18h15: Les premières biches sortent avec plus d'une demi-heure d'avance, mais pas à l'endroit habituel.
Et si la lumière est meilleure, l'angle de vue n'est pas terrible. Quelques minutes à découvert à glaner ici et là quelques pommes au sol, quelques feuilles aux arbres puis la petite harde rejoint le couvert.
Puis c'est le calme plat pendant une quarantaine de minutes. Au fond du vallon, 2 chevreuils progressent lentement de buisson en buisson. Au loin, quelques raires étouffés qu'il est difficile de localiser, couverts par le bruit du ruisseau et le vent dans les arbres.
19h10: les chevreuils disparaissent soudainement.. Craquement de branches..
Les deux faons remontent le vallon en courant, suivis de près par les biches..
Et derrière..
Un beau 11 cors plutôt excité..
Un épais brouillard recouvre alors rapidement la vallée, l'ambiance devient franchement automnale.
Pendant une petite demi-heure, ce cerf va poursuivre les biches, pousser quelques raires, se défouler sur les arbustes...
19h45: Fin de la représentation, les acteurs regagnent les coulisses..
A noter que ce cerf n'est pas celui vu précédemment au même endroit, l'autre était encore plus gros, ça promet de l'action pour les jours à venir..
14 septembre 2009
Le brâme (Act II)
La harde est ponctuelle, à 10mn près, elle sort tous les soirs au même endroit.
Ce soir c'est un jeune cerf qui ouvre la voie..
La harde montre quelques signes de nervosité, poursuites, allées et venues dans la combe...
Quelque-chose les intrigue au fond du vallon, peut-être les deux gros cerfs, mais ils resteront invisibles.
Le lendemain, 20h20, il fait déjà bien nuit.
Les biches sont sorties un peu plus tard, peut-être à cause de la chasse.
Tentative de mise au point sur une biche intriguée par ma présence.
Flou de bougé (pose de 2,5"), flou de mise au point, mais j'aime bien le résultat..
09 septembre 2009
Le brâme (Act I)
Après une dizaine de sorties de repérage, le moment est venu de passer à l'action..
Je me dirige vers un poste d'affût en empruntant un petit sentier que j'ai nettoyé les jours précédents afin d'enlever les brindilles et autres branches qui pourraient trahir ma présence. Si tout se passe comme prévu, les biches devraient sortir vers 19h30 suivies de près par 3 cerfs..
19h11 _ Une chevrette et ses deux faons sortent du bois, ils viennent se nourrir de pommes..
19h28 _ Première alerte chez les chevreuils, les oreilles pointées vers la forêt, ils ont entendu quelque-chose..
19h59 _ C'est un daguet qui apparaît..
Il prend la place sous le pommier, les chevreuils sont contraints de s'enfuir..
20h10 _ Un raire dans le bas du vallon, les cerfs sont là!
Puis de grands fracas dans les branches, j'aperçois la cime d'un arbre qui est secouée dans tous les sens.
Il approche..
20h17 _ Une silhouette se détache entre les arbres, il a l'air costaud...
20h26 _ Il fait maintenant nuit mais il est là, énorme!
Difficile de faire la mise au point, aux jumelles je le vois bien, mais dans le viseur, c'est juste une masse sombre. Seuls quelques reflets sur ses bois me permettent de faire une mise au point hasardeuse..
Les conditions étaient vraiment "extrêmes", pose de 2s à f4.5 et à 2500 iso...
Intrigué par le bruit de l'appareil, le cerf se rapproche lentement tout d'abord puis avance droit sur moi au petit trot..
Petit moment de panique, je plie tout et bat en retraite...
29 septembre 2008
Sur la piste des cerfs (Part 5)
Quelques affûts infructueux ces derniers jours, impossible de les photographier, ils restent à couvert jusqu'à la nuit. Mais de bons moments tout de même, une soirée surtout avec 3 (peut-être 4) cerfs autour de la place, et une poursuite dans mon dos alors qu'il faisait nuit,ça, c'est vraiment flippant...
Ce soir, très peu d'activité, chez les cerfs du moins, parce qu'il y avait bien des chevreuils et pas mal de mouflons. Je me suis placé pour revoir le cerf de la dernière fois, s'il prend le même chemin, il devrait sortir à une cinquantaine de mètres. Je l'entends une première fois, il est sur son secteur de remise, vingt minutes plus tard, une seconde fois, cette fois-ci plus proche. Encore un quart d'heure d'attente et je l'aperçois entre les arbres. Il émet des petits sons que je n'avais encore jamais entendus, des espèces de gargouillis, puis au lieu de descendre vers moi, continue son chemin et s'éloigne tranquillement vers une souille. Je peux encore l'entendre quelques minutes se défouler contre des branches puis plus rien... Le silence et la nuit...
25 septembre 2008
Sur la piste des cerfs (Part 4)
Le meilleur moyen de voir des animaux, c'est de s'immerger complètement en forêt, et quand on a la chance de pouvoir se le permettre, d'y passer beaucoup de temps... Hier, j'ai passé 14 heures en montagne...
Mes jambes ont du mal à s'en remettre mais ça en valait la peine. Voici les espèces que j'ai pu voir ou entendre :
chouettes chevéchettes, chouettes hulottes, pics noirs, geais, pics épeiches, faucons crécerelles, aigle royal, chocards, sitelle, marmottes, mouflons, chamois, sangliers, chevreuils, biches et... cerfs....
Arrivée dans la vallée vers 5h30, avec au programme, une grosse demi-heure de montée. Je me pose et écoute, tout est encore très silencieux. Quelques chouettes hulottes au loin, puis tout près, une chevéchette commence à chanter. Une autre lui répond, de l'autre côté de la vallée. C'est vraiment étonnant qu'un si petit oiseau ait une voix qui porte aussi loin. La nuit s'éclaircit peu à peu, je peux enfin distinguer les formes qui m'entourent. J'espère entendre les cerfs, mais à part les oiseaux qui se réveillent, toujours rien. Il fait maintenant presque jour, le vent se lève et comme je m'y attendais, il souffle du mauvais côté. Je ne peux donc pas me rendre sur la place de brame de peur de déranger les animaux qui y ont sûrement passé la nuit. Je me pose alors près d'une souille, sur un passage que les biches empruntent pour se mettre à couvert pour la journée. Quelques raires résonnent, au niveau de la place mais beaucoup plus haut dans la montagne. Il fait maintenant complétement jour, et toujours rien. Je me rapproche de la place en inspectant les souilles les unes après les autres. Elles n'ont pas été visitées ces deux derniers jours... C'est mauvais signe...
Il est maintenant trop tard pour espérer voir quoi que ce soit dans le secteur, j'entends encore une fois le cerf quelques centaines de mètres plus haut. Un chemin monte dans la forêt, je décide de l'emprunter. J'y découvre de nombreuses traces, puis des passages beaucoup plus marqués, ils doivent passer par là pour descendre à la place. Le chemin s'éloigne du secteur en montant toujours. Il faut maintenant choisir entre redescendre à la voiture où j'ai laissé le casse-croûte, ou continuer de monter... Je continue...
Je suis maintenant dans la hêtraie, les animaux y trouvent souvent refuge, en effet le sol jonché de feuilles mortes et de branches cassantes leur permet de localiser de loin la moindre intrusion dans leur domaine. Le sentier monte toujours, serpente entre de gros rochers puis débouche enfin sur le plateau.
Quelques marmottes dans les éboullis, des faucons crécerelles, une dizaine de chamois, un peu loin pour être approchés et un aigle royal qui survole les alpages. Mes jambes commencent à tirer un peu mais je continue ma progression sur le plateau en espérant voir des chamois. En contrebas, une tache rousse entre les buissons attire mon attention. Je m'approche alors discrêtement pour observer une troupe de mouflons qui mange tranquillement. Un mâle courtise quelques femelles...
Après avoir longé le plateau, il faut maintenant penser à redescendre, je n'ai pas vraiment envie de revenir sur mes pas alors je décide de prendre droit dans la pente. Le relief est plutôt accidenté, ce n'est pas évident de trouver le bon chemin entre les éboulis, les barres rocheuses et les nombreux trous dans cette forêt. Pour cela je fais confiance aux animaux en suivant les sentiers les plus marqués. L'endroit est très sauvage et très protégé, les nombreuses traces d'animaux en témoignent. Arrivé dans une petite combe, j'entends des bruits, je pense tout d'abord à un écureuil qui décortique quelque-chose...
Là, entre les troncs, j'aperçois une trace sombre qui bouge. Ce sont 4 marcassins qui mangent dans les fougères. Je m'approche petit à petit, la mère ne doit pas être loin mais je ne la vois pas. En progressant je prends soin d'avoir toujours un arbre avec des branches accessibles pas trop loin.. On ne sait jamais... Ils vont évoluer autour de moi pendant plus d'une demi-heure, se rapprochant parfois très près...
Petite séance de grattage sur une pierre..
Ils ne sont pas gros et pourtant déjà bien noirs..
Ils continuent leur chemin me permettant de m'éclipser sans les avoir dérangés. La descente se corse un peu mais j'arrive tant bien que mal à la hauteur de la place de brame. A 17h un cerf se fait entendre.. C'est le même que le matin, au même endroit. Je me positionne pour avoir un point de vue sur le sentier que j'ai repéré le matin, afin de voir l'endroit où je suppose qu'ils vont sortir... Le vent n'est pas bon du tout, alors je reste suffisamment loin.. 17h46, une première biche sort du bois..
Suivie quelques minutes plus tard par son faon et 3 autres biches...
Quelques raires retentissent dans le sous-bois, les biches s'affolent un peu... Le voilà...enfin...
Les photos sont de mauvaise qualité mais j'ai préféré ne pas trop me rapprocher.. Ils se dirigent vers la place, il fait encore jour, mais je décide de rentrer, j'ai les jambes en compote... Dans le sous-bois, un grand fracas dans les fougères.. Un cerf vient de se lever à une vingtaine de mètres, il m'observe quelques secondes puis disparaît entre les arbres en râlant. Une autre voix, très rauque retendit alors dans mon dos, ça vient de là où j'étais quelques minutes auparavant... Je redescends enfin dans la vallée, de jour pour une fois, complétement crevé mais encore plus motivé que jamais....
à suivre....
01 septembre 2008
Sur la piste des cerfs (Part 1)Cerf
Premiers repérages
L'automne arrive à grands pas, les premières feuilles tombent déjà des arbres, il fait plus frais le matin dans les montagnes, fini l'affluence estivale, les forêts vont retrouver le calme et le silence.
Enfin, presque, c'est vrai que c'est aussi l'ouverture de la chasse... Il va falloir être prudent!..
Mais surtout les seigneurs de la forêt vont donner de la voix, c'est la période du brame du cerf.
L'automne dernier avait été très frustrant, de longues heures à attendre d'hypothétiques raires dans la forêt, à passer d'une vallée à l'autre à la recherche d'une place de brame. Les rares rencontres avaient été très fortes en émotions, mais je n'avais pu faire aucune photo.
Cette année j'ai du temps, et depuis un an j'y pense, je relève sur les cartes les clairières isolées, les points de passages entre les vallées, les zones de rassemblements possibles... et j'essaie de vérifier sur le terrain.
Ce matin donc, je pars pour une vallée relativement isolée, des clairières qui se succèdent jusqu'à un grand col, de grandes forêts escarpées, l'endroit idéal.
Départ vers 800m d'altitude pour déboucher au col à 1400m.
La montée aura duré plus de 3 heures en montant tranquillement, mais aucun animal en vue, et très peu de traces. Je me pose au col assez déçu mais néanmoins fasciné par le paysage.
Il est 9h, j'observe les premiers randonneurs qui approchent du col, eux vont monter beaucoup plus haut dans la montagne. Intrigué par leur attitude, je les observe aux jumelles, un groupe de 3, chacun avec un appareil photo pointé dans ma direction, étrange.. et je vois déboucher dans mes jumelles un daguet en pleine course, il disparait aussitôt derrière une butte.. Il vient de traverser toute la clairière.
Je rassemble mon matos et décide de le suivre. Je retrouve assez facilement sa trace, il a traversé à l'endroit le plus étroit de la clairière pour remonter sur un versant assez raide, surmonté par une barre rocheuse infranchissable, sauf à un endroit, un petit couloir de terre qui serpente entre les rochers. Il est forcément passé par là, d'ailleurs tout le monde passe par là vu le nombre de traces qui débouchent dans ce couloir.
Un sentier est plus marqué que les autres, il redescend vers la vallée, je décide de le suivre.
Je me retrouve assez vite dans une pente très raide, accroché aux racines que je peux trouver pour ne pas glisser. Juste un mauvais moment à passer car plus loin le sentier est franchement marqué, même si la pente est toujours aussi forte; des générations d'animaux ont piétiné ce sentier qui s'est imprimé dans la montagne. Et des gros animaux, les empreintes se font de plus en plus nettes, je suis bien sur le domaine des cerfs, et il y en a un gros qui est passé par là peu de temps auparavent. La sente quitte maintenant les fortes pentes pour traverser des zones plus plates, les arbres y sont plus espacés, et les nombreuses traces de couchages, de frottements montrent que les animaux y vivent tranquillement, loin de tout.
Des fougères ont été arrachées puis projetées sur le sol, elles sont encore fraiches, le cerf qui est passé était plutôt énervé, je continue...
Le sentier est toujours aussi marqué mais j'avance moins vite, à tout moment je m'attends à le voir surgir des fougères.
Je m'arrête d'un coup, je l'ai vue tout de suite, juste là, à 3m au milieu des branches mortes...
Un petit coup d'adrénaline...
Ma première mue!
à ce moment, je ressens encore plus leur présence, ces lieux ont été façonnés par les cerfs, cette forêt est leur forêt, ils la hantent depuis toujours et j'ai un peu l'impression de violer un sanctuaire, de percer des secrêts pourtant si bien gardés.
La mue sur le sac à dos, je repars encore plus motivé!
Toujours sur les traces de ce "gros" cerf, le sentier disparait parfois, se sépare, débouche sur d'espèces de gros carrefours, mais les traces fraîches et bien marquées ne trompent pas.
Les traces se font plus nombreuses, accompagnées maintenant de traces de sangliers, et le sentier débouche sur une souille très fréquentée.
Le cerf l'a évitée, par contre les sangliers s'y sont roulés le matin même.
Les empreintes m'emmènent maintenant sur un petit replat, très vert, les arbres y sont plus espacés, l'herbe est plus haute. Et là, une seconde souille, le cerf s'y est roulé! Les herbes aux alentours sont couvertes de boue encore humide..
Le sentier disparait alors dans les hautes herbes, mais celles-ci sont maculées de boue, et je suis alors sa trace en repérant au loin la terre séchée sur les fougères. Quelques centaines de mètres puis je perds sa trace dans les rochers..
Cela fait bientôt 6h que je marche, et il me faut bien une heure pour redescendre, alors je me retire.
Je ne les ai pas vus, ils sont pourtant là mais invisibles, les fantômes de la forêt...
Mais la saison ne fait que commencer!...

































































